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Jusqu'à 1 an de prison (24/03/2006)
Le Centre pour l'égalité des chances satisfait. Que prévoit la loi? Où est la limite?
BRUXELLES Le renvoi en correctionnelle du père Samuel est une suite de la plainte déposée en 2002 par le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme. Sa directrice, Eliane Deproost, est satisfaite de cette décision judiciaire. «Il a fallu quatre années pour obtenir ce procès, mais il me semble tout à fait justifié en raison du caractère raciste répété des propos du père Samuel. Ce procès, même s'il peut entraîner une publicité pour cette personne, en vaut la peine. Tout récemment encore, le père Samuel a tenu les mêmes propos racistes devant Pascal Vrebos sur RTL-TVi», nous explique Mme Deproost.
Pour le Centre, «les propos et écrits racistes du père Samuel alimentent la xénophobie ambiante présente auprès d'une partie de l'opinion. La xénophobie et le racisme restent des maux importants dans notre société. Les discours utilisant la haine raciale, pour monter les uns contre les autres, établir des différences entre nos concitoyens et ainsi entretenir des idéaux d'apartheid sont aujourd'hui toujours exploités, aussi par des leaders d'opinion.»
En correctionnelle, le père Samuel va risquer une peine de 1 mois à 1 an de prison. Mais il est peu probable que le juge inflige une peine ferme, jusqu'ici réservée à des récidivistes.
Où se trouve la limite de ce qui est punissable au tribunal, selon le Centre? «La justice reconnaît la liberté d'expression comme fondamentale. Mais il y a des limites au débat d'idées. Lorsque le caractère raciste du discours est organisé, que son auteur sait ce qu'il fait et vise à inciter à la haine raciale, nous déposons plainte», explique Mme Deproost.
Les procès pour racisme ou incitation à la haine raciale restent rares dans notre pays. L'un d'eux est en cours pour l'instant à Bruxelles, à l'encontre de deux responsables du site Internet du Centre islamique belge (CIB), poursuivis pour avoir diffusé des insultes graves envers la communauté juive et même des appels au meurtre. On peut aussi citer des cas de condamnations pour des saluts hitlériens (lors de conseils communaux, notamment) ou des dessins de croix gammées (tracés sur des bagages provenant ou allant vers Israël à l'aéroport de Zaventem). Par contre, les tribunaux ont déjà acquitté des personnes ayant tenu, de manière unique, des propos racistes lors de coups de colère, de provocations ou de querelles de voisinage, par exemple.
Quatre cars de fidèles pour Samuel
Plus de 200 personnes avaient envahi le palais de justice de Charleroi
CHARLEROI Il est un peu plus de 11 h. Quatre cars - deux grands et deux petits - déversent un flot compact devant le palais de justice de Charleroi. La présence du père Samuel n'était pas requise hier, pour le prononcé de l'ordonnance par la chambre du conseil. Pourtant, il s'est une nouvelle fois déplacé avec plus de 200 fidèles. Histoire de ne pas passer inaperçu...
En tête, le prêcheur s'avance vers l'ascenseur qui le mène à la salle d'audience. Il s'arrête pour laisser les photographes de presse tirer son portrait.
Une fois devant la chambre du conseil, Samuel Ozdémir prend la parole et fustige une nouvelle fois l'islamisme, le Coran, les musulmans...
Ses fidèles sont massés autour de lui, en adoration. Ils l'applaudissent. Certains immortalisent le moment à l'aide d'une caméra ou d'un appareil photo. «Il a raison, les gens sont naïfs et ne se rendent pas compte. Ils doivent l'écouter», déclare l'une de ses plus grandes fans.
Le procureur du Roi:«Un paysan orgueilleux»[/size]
Le père Samuel entre dans la chambre du conseil qui se tient à huis clos... et ressort quasi immédiatement. Son renvoi en correctionnelle est prononcé. «Je m'y attendais », déclare-t-il aux journalistes, tournant cet échec comme une victoire, tout en traitant le procureur du Roi de «paysan orgueilleux». Relayé par ses avocats, le prêcheur en remet une couche sur le Coran. Nouvelle salve d'applaudissements...
Et le père Samuel a le sens du spectacle. Il laisse ses fidèles le distancer pour gagner le hall d'entrée du palais de justice. Lorsqu'il descend les escaliers, il est accueilli comme le saint-père en personne.
Les bras levés au ciel, il lance une nouvelle phrase et provoque les vivats. Le guérisseur exorciste sort de l'édifice. Cette fois, c'est en plein air, juché sur un bloc de béton, qu'il répète son discours. Ses fidèles regagnent les cars. Ils reviendront dans quelques mois.
Benoît Franchimont
© La Dernière Heure 2006
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"On me demande une épitaphe
"Pour la Belgique morte, en vain
"Je creuse et je rue et je piaffe,
"Je ne trouve qu'un mot : Enfin !" (Charles Baudelaire)